Depuis que je me suis installée à Halifax il y a plus de dix ans, le Halifax Farmers’ Market occupe une place spéciale dans mon cœur. À l’époque, il s’agissait de se perdre dans les couloirs de l’ancienne brasserie et de chercher un petit-déjeuner tardif pour atténuer la… déshydratation… dont je souffrais parfois le samedi matin.
Aujourd’hui, j’arrive quelques heures plus tôt qu’avant, j’installe Ada dans son porte-bébé et je déambule dans le nouveau Halifax Seaport Farmers’ Market. Une chose que le marché a toujours nourrie chez moi, c’est le sentiment de connexion. Le marché est un peu mon « Cheers » : j’y croise presque toujours quelqu’un que je connais, et la plupart de mes vendeurs préférés me reconnaissent.
Dernièrement, alors que j’essaie de plus en plus d’utiliser des ingrédients locaux dans ma cuisine, je me sens connectée aux saisons lorsque je me rends au marché. Il y a quelque chose de merveilleux à savoir quand les premières têtes de violon sont récoltées, ou quand le moment est venu pour les choux de Bruxelles rôtis de devenir un élément plus régulier de nos menus de dîner.

Samedi dernier, au marché Seaport, j’ai eu l’occasion de passer du temps avec une bonne amie, de faire les courses pour mon dîner du dimanche et de savourer quelques gourmandises en chemin. J’ai retrouvé mon amie à l’intérieur et nous nous sommes dirigées vers la Bramoso Gourmet Pizzeria pour que je puisse prendre l’une de leurs célèbres pizzas déjeuner. Nous avons discuté des événements de la semaine pendant que je dégustais ma part garnie d’un œuf, en essayant de ne pas laisser tomber de morceaux de bacon sur la tête d’Ada. Manger tout en portant mon bébé est un art que je suis encore en train d’apprendre !
Après le petit-déjeuner, nous avons commencé notre lente promenade sinueuse à travers le marché, nous faufilant entre les autres clients, tâtant les pains frais, humant les herbes aromatiques et écoutant les sérénades pleines d’âme des musiciens de rue installés dans divers coins. J’ai rempli mon panier de légumes racines colorés et de pommes provenant de chez Noggins Corner Farm.

Nous nous sommes arrêtées au milieu d’un groupe de dégustateurs entourant le stand d’Ironworks Distillery et avons décidé de nous joindre à la fête. J’ai goûté un échantillon de leur liqueur de kiwi arctique — oui, ces étranges petits kiwis poussent bien en Nouvelle-Écosse — et leur eau-de-vie de poire. Assez forte pour vous secouer, l’eau-de-vie est présentée dans une magnifique bouteille contenant une poire entière au fond. L’équipe d’Ironworks glisse la bouteille sur la branche du poirier au printemps pour obtenir cette présentation unique. N’est-ce pas génial ?

Pour terminer notre matinée, nous nous sommes arrêtées chez Schoolhouse Gluten-free Gourmet pour prendre quelques scones, puis nous nous sommes dirigées vers Fox Hill Cheese House.
Le coin de Fox Hill au marché était en pleine effervescence, avec ce qui ressemblait à un tapis roulant de personnes sortant des bouteilles de lait vides de leurs sacs à provisions et sacs à dos pour les remplacer par des contenants fraîchement remplis. J’ai pris du lait au chocolat, du fromage feta et un petit bol de gelato à la pistache pour la route. Alors que nous sortions, le soleil du milieu d’après-midi menaçait de faire fondre ma glace, rendant encore plus difficile le transfert du bol à ma bouche en passant par-dessus la tête d’Ada, mais cette douceur aux noix m’a motivée à faire de mon mieux.

Après une sortie au marché aussi réussie, j’avais hâte de rentrer chez moi, de déballer mon panier de bonnes choses et de commencer à cuisiner.
Après une gorgée fortifiante de mon lait au chocolat à même la bouteille, je suis allée sur la terrasse pour allumer le gril. Ada était assise dans son transat sur le comptoir de la cuisine pendant que je prenais une canette de soda que j’avais remplie de Garrison Nut Brown Ale (un incontournable de notre réfrigérateur, tout comme le lait au chocolat va le devenir) et que je l’insérais à l’intérieur d’un petit poulet dégelé plus tôt. Le poulet a été placé sur le barbecue pendant que je commençais à couper en dés les carottes, les navets, les panais et les betteraves que j’avais pris chez Noggins.

Toute cette découpe m’a donné faim pour un petit en-cas avant le dîner ; j’ai donc réchauffé un scone sans gluten, je l’ai tartiné de beurre et de mélasse, et je me suis versé un soda au chocolat Garrison (manifestement, j’ai un faible pour le chocolat sous sa forme liquide). J’ai enrobé les légumes d’un peu d’huile d’olive, de sel et de poivre, puis je les ai glissés au four.
Pendant que le poulet et les légumes cuisaient, j’ai coupé des courgettes en quartiers, je les ai arrosées de vinaigre balsamique à la vanille et d’huile d’olive, et je les ai placées sur le gril grésillant. Bientôt, je tenais Ada sur mes genoux d’une main tout en utilisant ma fourchette pour attraper mon excellent dîner dans mon assiette de l’autre main.
Les légumes racines rôtis étaient naturellement sucrés et complétés par du fromage feta émietté de Fox Hill ; le poulet était tendre avec juste un soupçon de malt provenant de la bière, et les courgettes, garnies d’un peu de parmesan râpé, complétaient le repas.

Pour le dessert, j’ai mis des pommes coupées en dés dans des ramequins, j’ai ajouté par-dessus un mélange beurré, sucré et cannelé à base d’avoine, puis je les ai fait cuire. Une cuillerée de crème fouettée froide sur ces petits croustillants chauds a parfaitement complété mon repas inspiré des produits locaux.
En rangeant mon panier à provisions pour une autre semaine, j’ai réfléchi à la façon dont mes excursions du samedi matin au marché Seaport, bien que différentes de celles de mes années d’études, sont devenues un élément essentiel de ma routine du week-end.
Le marché est un lieu dynamique et florissant ; un endroit qui favorise l’appréciation des produits locaux, du talent et de l’artisanat, où les amitiés se cultivent et qui constitue un véritable pilier de la culture de notre ville.

